Au pôle Sud lunaire, dans des cratères sombres et permanents, les scientifiques pensent que de la glace ancienne est cachée. Bientôt, cette eau gelée pourrait alimenter le premier quartier permanent de l'humanité dans l'espace. Les États-Unis veulent que l'Inde aide à construire cette base.
En août, lors d'une réunion à Bengaluru, des responsables spatiaux américains ont fait une proposition historique à leurs collègues indiens. La NASA a officiellement demandé à l'Organisation indienne pour la recherche spatiale (ISRO) de rejoindre son projet ambitieux de base lunaire. Le but est de construire une colonie humaine continue sur la Lune, pour y vivre durablement et pas seulement pour de courtes visites.
Ce projet, présenté plus tôt cette année, vise à renforcer le leadership américain dans l'espace. Il prévoit des missions robotiques et habitées pour assembler des habitats au pôle Sud de la Lune. Cette région a été choisie car certaines crêtes reçoivent beaucoup de soleil pour l'énergie solaire, tandis que les cratères sombres à proximité pourraient contenir de la glace pour l'eau ou le carburant des fusées.
L'invitation a eu lieu lors de la neuvième réunion du groupe de travail conjoint sur l'espace civil entre l'Inde et les États-Unis, au siège de l'ISRO. Des responsables importants ont participé aux discussions. Le président de l'ISRO, V. Narayanan, et l'ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor, ont souligné l'importance de leur alliance spatiale croissante. L'équipe américaine, dirigée par Kathleen Karika de la NASA et Wesley Brooks, secrétaire d'État adjoint américain, a rencontré l'équipe indienne dirigée par M. Sankaran, directeur d'un centre d'ingénierie des satellites de l'ISRO.
Pour l'Inde, accepter cette offre serait un grand pas. Le pays passerait de l'envoi de sondes robotiques à la présence humaine à long terme sur une autre planète. En échange, l'ISRO obtiendrait des secrets technologiques avancés, comme la construction d'habitats pressurisés et les systèmes de support de vie pour l'espace lointain.
Les États-Unis ont besoin d'un partenaire capable. L'Inde est connue pour ses conceptions de vaisseaux spatiaux économiques et ses lancements fiables. Le pays possède aussi des données précieuses de son programme lunaire Chandrayaan, qui a réussi un atterrissage près du pôle Sud en 2023.
Cette collaboration s'appuie sur des succès récents. En juin 2023, l'Inde a signé les Accords Artemis, un cadre pour l'exploration spatiale responsable. Les deux pays ont aussi lancé ensemble le satellite NISAR. La base lunaire s'aligne aussi avec l'Initiative TRUST, un accord de partage technologique mentionné dans une déclaration commune du président Trump et du Premier ministre Modi en février 2025.
Lors du sommet, les deux parties ont promis d'augmenter leur coopération dans les futures sciences spatiales et technologies de vol habité. Ils ont aussi décidé de partager des données scientifiques. Ils ont discuté de renforcer le Comité des Nations Unies sur l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique pour une exploitation responsable des ressources spatiales.
Cette proposition arrive alors que l'Inde a ses propres ambitions spatiales. Le pays développerait une station spatiale, la Bharatiya Antariksh Station, pour 2035. Les dirigeants indiens souhaitent aussi envoyer leurs propres astronautes sur la Lune d'ici 2040. Ces projets se déroulent dans un contexte de rivalité mondiale, la Chine visant des atterrissages lunaires habités d'ici la fin de la décennie.
En partageant les ressources et l'expertise, le projet de base lunaire vise à répartir les coûts et les risques de la colonisation de l'espace lointain entre plusieurs nations. Les responsables américains et indiens ont réaffirmé leur engagement envers une vision commune. La prochaine fois que des humains laisseront des traces sur la Lune, ils pourraient sortir d'un habitat construit par une coalition mondiale, transformant un cratère désolé en une maison permanente.