Cette semaine à Chicago, les médecins ont assisté à un événement rare : deux essais cliniques suggérant que le traitement du cancer du poumon, le cancer le plus meurtrier au monde, va changer profondément.
Le premier essai, appelé HARMONi-6, a testé un nouveau médicament appelé ivonescimab. C'est un anticorps bispecifique, une molécule unique capable de bloquer deux cibles à la fois : le point de contrôle PD-1 et la voie VEGF que les tumeurs utilisent pour créer des vaisseaux sanguins. Normalement, ces deux fonctions nécessitent deux médicaments différents.
L'essai a recruté 532 patients atteints d'un cancer du poumon avancé. Les patients recevant ivonescimab ont vécu en moyenne 27,9 mois, contre 23,7 mois avec le traitement standard. C'est une réduction de 34 pour cent du risque de décès.
Le deuxième essai, LIBRETTO-432, s'est concentré sur une mutation génétique rare appelée fusion RET. Cet essai a montré que selpercatinib, donné après la chirurgie, réduit de 83 pour cent le risque de récurrence du cancer. À deux ans, 91,5 pour cent des patients traités restaient sans récurrence.
Ces deux essais montrent une direction claire : des médicaments plus précis, conçus pour frapper le cancer là où il est le plus vulnérable.