Samedi 6 juin à New Delhi, des milliers de jeunes Indiens se sont rassemblés à Jantar Mantar, le principal lieu de manifestation autorisé de la capitale. Portant des masques de cafard en papier, plus de mille policiers les surveillaient. Ils exigeaient la démission de Dharmendra Pradhan, ministre de l'Éducation. Ils s'appelaient eux-mêmes le Cockroach Janata Party.
Ce nom venait d'une insulte. Le juge en chef Surya Kant avait comparé les jeunes critiques à des « cafards » lors d'une audience judiciaire. Au lieu de protester, les jeunes Indiens ont adopté cette insulte avec fierté.
Le mouvement est dirigé par Abhijeet Dipke, 30 ans, diplômé de l'université Boston. En seulement quelques semaines, son compte Instagram a rassemblé plus de 22 millions de followers, dépassant même celui du Bharatiya Janata Party, le parti au pouvoir.
Ces jeunes sont en colère contre le système d'examens indien. Les résultats de NEET, l'examen national d'entrée en médecine, ont été annulés après des allégations de fuite de questions. Environ deux millions d'étudiants ont été affectés.
Sonam Wangchuk, un activiste climatique célèbre du Ladakh, a rejoint la manifestation. À la fin du jour, six personnes ont été arrêtées, mais le ministre n'a pas démissionné. Néanmoins, les jeunes Indiens ont transformé une insulte en symbole de résistance.