Pendant près de deux ans, des millions de personnes en Chine ont acheté des iPhones dotés de capacités avancées d'intelligence artificielle, mais ces fonctionnalités restaient inaccessibles. Cette barrière est finalement tombée cette semaine.
L'Administration chinoise du cyberespace a officiellement autorisé Apple Intelligence à fonctionner sur les appareils vendus dans le pays. Cette décision réglementaire met fin à une période d'attente de 22 mois, qui a commencé lors du lancement mondial du système d'intelligence artificielle générative de l'entreprise technologique en 2024, selon des rapports de TechCrunch et du South China Morning Post.
Pour obtenir cette autorisation, le géant technologique basé en Californie a dû s'adapter à des réglementations locales strictes. La loi chinoise stipule que tout service d'intelligence artificielle offert au public doit utiliser des modèles nationaux approuvés. Par conséquent, Apple a noué des alliances avec deux grandes entreprises technologiques régionales : Alibaba et Baidu.
Le modèle linguistique d'Alibaba, connu sous le nom de Qwen, servira de moteur principal pour Apple Intelligence sur toute la gamme de produits de l'entreprise en Chine, y compris les iPhones, iPads, Mac et le casque Vision Pro. Le système Qwen permettra de comprendre et de générer du texte et des images pour les utilisateurs locaux. Pendant ce temps, Baidu fournit également une technologie d'intelligence artificielle supplémentaire pour le déploiement régional.
Les marchés financiers ont réagi immédiatement à cette avancée. Le cours de l'action Apple a grimpé à un niveau record après l'annonce. Cette dynamique positive s'est étendue aux marchés boursiers de Hong Kong, où les actions d'Alibaba ont augmenté de cinq pour cent et celles de Baidu de quatre pour cent.
Cette victoire réglementaire intervient à un moment de croissance significative pour Apple dans la région. Au cours du deuxième trimestre 2026, l'entreprise a généré 20,5 milliards de dollars de revenus en Grande Chine, soit une augmentation de 28 % par rapport à l'année précédente. De plus, les données d'IDC indiquent que la part d'Apple sur le marché chinois des smartphones est passée de 13,9 % à 18,1 % sur la même période de douze mois. Malgré cette expansion rapide, le fabricant national Huawei conserve la première place dans le secteur des smartphones du pays.
Le processus d'approbation lui-même a été étonnamment rapide. Apple a soumis sa demande au régulateur gouvernemental le 8 juillet 2026 et a reçu le feu vert en une seule semaine. L'entreprise fait partie des sept fabricants d'appareils à avoir obtenu l'autorisation pour l'intelligence artificielle générative sur appareil. Notamment, Apple et Samsung de Corée du Sud étaient les seules marques étrangères à recevoir l'approbation, rejoignant cinq fabricants nationaux de smartphones, dont Huawei, Xiaomi et Vivo.
La stratégie chinoise met en évidence une approche plus large du PDG d'Apple, Tim Cook. Plutôt que de construire et de posséder l'infrastructure informatique massive requise pour l'intelligence artificielle partout, l'entreprise déploie différents moteurs en fonction des règles régionales. Par exemple, Apple a récemment finalisé un contrat à long terme pour utiliser la technologie Gemini de Google afin d'alimenter une version mise à jour de son assistant vocal Siri aux États-Unis, dont le lancement est prévu en septembre 2026.
Apple gère actuellement un réseau mondial de plus de 2,5 milliards d'appareils actifs. Alors que l'entreprise navigue dans un conflit distinct sur les secrets commerciaux avec OpenAI, l'approbation chinoise sécurise un élément vital de son puzzle international. Cependant, un détail crucial reste inconnu. Bien que le gouvernement ait accordé la permission, Apple n'a pas encore annoncé la date exacte à laquelle ces nouvelles fonctionnalités apparaîtront enfin sur les écrans en Chine.