Abelardo de la Espriella, un avocat conservateur qui se fait appeler "Le Tigre", est actuellement le favori pour devenir le prochain président de la Colombie. Il a obtenu environ 43,7 % des voix lors du premier tour de l'élection présidentielle le 31 mai 2026. N'ayant pas atteint la majorité absolue, il affrontera le député progressiste Iván Cepeda, qui a obtenu 40,9 %, lors d'un second tour le 21 juin. Le candidat conservateur promet une approche de "poigne de fer" contre les réseaux criminels, l'éradication des champs de coca et l'interception des drogues destinées aux États-Unis. Sa campagne a même reçu le soutien de Donald Trump.
Ce drame politique à Bogotá n'est pas isolé. Il reflète un changement politique majeur dans tout l'hémisphère. Il y a quelques années, les candidats progressistes avaient profité de la crise économique liée à la pandémie et des inégalités pour gagner dans plusieurs pays d'Amérique latine. Aujourd'hui, cet élan vers la gauche s'est arrêté violemment.
La cause principale de ce renversement est la sécurité publique. Les candidats de droite gagnent du terrain en promettant une application stricte de la loi et un contrôle rigoureux des frontières. Les électeurs sont effrayés par la montée de la criminalité. Bien que le taux d'homicides en Amérique latine ait baissé l'année dernière, certaines régions connaissent des crises graves. L'extorsion a augmenté et les meurtres liés aux stupéfiants explosent dans des pays comme le Pérou et la Colombie.
Les électeurs se tournent vers des modèles comme le président salvadorien Nayib Bukele, dont la stratégie de répression et d'incarcération de masse est devenue un exemple pour la région. Des candidats comme José Antonio Kast au Chili et Laura Fernández au Costa Rica ont été élus en promettant des mesures de sécurité sans compromis. Le paysage électoral est en train d'être redessiné. En Colombie, le président sortant Gustavo Petro a critiqué le soutien de Trump à De la Espriella. Mais pour les électeurs fatigués par la violence, l'appel d'un "Tigre" promettant l'ordre absolu pourrait être plus fort que les normes diplomatiques.