Il s'appelle « El Tigre », le Tigre. Jusqu'à récemment, Abelardo de la Espriella était un avocat pénaliste de 47 ans qui n'avait jamais remporté une seule élection en Colombie. Dimanche dernier, il a terminé en tête du scrutin présidentiel du pays.
La Colombie a tenu le premier tour de son élection présidentielle le 31 mai. Aucun candidat n'a atteint les 50 pour cent nécessaires pour gagner directement. Le scrutin se poursuit maintenant par un second tour le 21 juin entre les deux meilleurs candidats. De la Espriella a obtenu 43,74 pour cent des votes. Derrière lui, le sénateur de gauche Iván Cepeda a reçu 40,90 pour cent.
C'était un résultat surprenant. De la Espriella est un outsider politique qui a construit sa campagne autour de la sécurité et de la libéralisation économique. Il parle favorablement du président américain Donald Trump et défend un rapprochement plus étroit avec Washington. Pour combattre les groupes armés colombiens, il cite l'exemple du président du Salvador, Nayib Bukele, connu pour une répression sévère.
Son adversaire est très différent. Iván Cepeda, 63 ans, est sénateur et allié proche du président sortant Gustavo Petro. Il a défendu la stratégie de « paix totale » : négocier plutôt que combattre les groupes armés restants. Ce contraste définit la course. Le scrutin du 21 juin pourrait redéfinir la relation entre la Colombie et les États-Unis et transformer son approche face au trafic de drogue.