Au Chili, un grand télescope observe le ciel nocturne. Un appareil spécial, construit par le SLAC National Accelerator Laboratory, capture d'énormes quantités de données. Ces informations sont trop volumineuses pour être analysées par des humains seuls. Il faut une machine capable de penser.
C'est le but de la mission 'Genesis', un projet ambitieux du département américain de l'Énergie. Lancée suite à un décret présidentiel, cette initiative utilise l'intelligence artificielle (IA) pour accélérer les découvertes scientifiques. L'objectif est de doubler l'efficacité du travail scientifique et d'ingénierie américain d'ici dix ans.
Pour cela, le gouvernement crée un vaste réseau reliant les 17 laboratoires nationaux du département de l'Énergie, des universités et des entreprises privées. Le consortium Genesis a été créé en février 2026 pour gérer cette collaboration, avec RTI International et son groupe TechWerx à la direction. De grandes entreprises technologiques comme Google, Microsoft et Amazon participent à ce projet.
Le cœur technique est l'American Science Cloud, qui connecte les ordinateurs les plus puissants, les équipements de recherche et les technologies quantiques. Le laboratoire Fermilab assure le stockage sécurisé des données, tandis que le Oak Ridge National Laboratory prépare deux nouveaux systèmes informatiques, 'Discovery' et 'Lux', pour les calculs complexes.
La mission aborde 26 défis scientifiques, visant l'indépendance énergétique, la sécurité nationale et de nouvelles découvertes. Au Chili, les chercheurs utiliseront ce réseau pour détecter des événements cosmiques soudains, comme des étoiles qui explosent, et envoyer des alertes mondiales en deux minutes.
Sur Terre, les applications sont aussi importantes. Au Princeton Plasma Physics Laboratory, les scientifiques créent une copie numérique d'une machine à fusion pour tester plus rapidement des idées d'énergie propre. D'autres équipes intègrent l'IA dans les accélérateurs de particules pour améliorer leur fonctionnement. Jean-Luc Vay, du Berkeley Lab, explique que ces outils intelligents accélèrent les découvertes dans des domaines clés comme la physique, l'énergie, les matériaux et la médecine.
Certains laboratoires deviendront entièrement autonomes, capables de mener leurs propres expériences pour inventer de nouveaux médicaments ou matériaux. Le département de l'Énergie a annoncé un financement de 293 millions de dollars pour ces projets. Le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, compare cet effort aux missions Apollo et au projet Manhattan, soulignant l'utilisation des ressources nationales pour le leadership en IA. Darío Gil, directeur de la mission, la décrit comme un moment décisif, créant un instrument scientifique pour les âges.