Les eaux du fleuve Tibre baissent, et des vestiges de l'Empire romain refont surface. L'Italie connaît actuellement une grave pénurie d'eau. Alors que l'été 2026 avance, le Tibre a atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs années. Le fleuve, qui a toujours été vital pour Rome pour le transport et l'approvisionnement en eau, coule maintenant à moins de 80 mètres cubes par seconde, soit environ la moitié de son volume habituel. Cette sécheresse extrême a découvert un morceau d'histoire oublié au cœur de la ville.
Près du pont moderne Vittorio Emanuele, deux anciens supports en pierre ont émergé près de la basilique Saint-Pierre. Ces ruines appartiennent au Pons Neronianus, plus connu sous le nom de Pont de Néron. Construit au premier siècle de l'Empire romain, ce pont reliait le centre de Rome à la rive est. Il menait à des domaines impériaux et à des jardins situés sur la colline du Janicule. Aujourd'hui, cette zone correspond aux environs de la place Saint-Pierre.
Les historiens pensent que le pont avait des fonctions militaires et spirituelles. Il servait de passage pour les défilés triomphaux et pour transporter des prisonniers importants. Cependant, l'architecte exact du pont reste débattu. L'empereur Néron, qui a régné de 54 à 68 après J.-C., est célèbre pour ses grands projets de construction, mais il n'a peut-être pas commandé ce pont. L'archéologue Antonella Bonini explique le lien avec Néron : "Néron est la personne la plus célèbre liée à cette zone, car c'est là que l'apôtre Pierre a été martyrisé." Cependant, elle suggère que le pont pourrait être plus ancien, construit par Caligula, l'oncle de Néron, vers 39 après J.-C.
Le pont a été détruit par une mauvaise planification urbaine. Il était situé sur une courbe du fleuve, une zone sujette aux inondations. Cela a accéléré sa dégradation. Au troisième siècle, les Romains l'ont démonté pour réutiliser les matériaux. Aujourd'hui, les fondations n'apparaissent que lors des sécheresses prolongées. Giovanni Giganti, responsable de la gestion de l'eau, souligne les conditions météorologiques inhabituelles : "Nous faisons face à une crise majeure de l'eau, due aussi au fait que cet hiver nous avons eu des pluies abondantes, mais ensuite les périodes sèches ont été très longues."